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Comment faire une facture (artisan / auto-entrepreneur) : le guide complet + modèle
Comment faire une facture conforme quand on est artisan ou auto-entrepreneur : mentions obligatoires, numérotation, TVA et modèle à télécharger.

Le chantier est fini, le client est content, il ne reste plus qu'à « envoyer la facture ». Et là, la vraie question : qu'est-ce qu'on met dessus au juste ? Un numéro ? Quelle mention de TVA quand on est en micro-entreprise ? Est-ce qu'il faut parler des pénalités de retard ? Une facture bâclée, c'est une facture qui se conteste — et parfois qui ne se paie pas.
Bonne nouvelle : une facture conforme, ce n'est pas sorcier. Il suffit de connaître les mentions obligatoires et de toujours les mettre, dans le bon ordre. Ce guide vous explique comment faire une facture quand vous êtes artisan ou auto-entrepreneur : ce qui est obligatoire, le cas particulier de la facture sans TVA, la numérotation, les erreurs à éviter — et un modèle de facture à télécharger pour ne plus jamais partir de la feuille blanche.
L'essentiel à retenir
- Une facture doit comporter une liste précise de mentions obligatoires : oublier une seule mention peut coûter 15 € d'amende par mention manquante.
- Chaque facture porte un numéro unique et séquentiel (sans trou dans la suite).
- En auto-entreprise (franchise en base de TVA), vous facturez sans TVA avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
- Les artisans du bâtiment doivent en plus indiquer leur assurance décennale.
- Un logiciel de facturation applique toutes ces mentions automatiquement — zéro oubli, zéro amende.
À quoi sert une facture (et pourquoi elle doit être carrée)
La facture n'est pas qu'un bout de papier pour être payé. C'est un document comptable et juridique obligatoire dès que vous vendez une prestation ou un produit à un professionnel, et à un particulier au-delà de 25 € (ou sur demande). Elle sert de preuve en cas de litige, de justificatif pour votre comptabilité et pour celle de votre client.
Concrètement : une facture incomplète, c'est une porte ouverte à la contestation — et un client qui conteste, c'est un client qui ne paie pas. Si le sujet des impayés vous parle, on a d'ailleurs écrit un guide complet sur quoi faire face à une facture impayée. Mais le meilleur impayé reste celui qu'on évite : ça commence par une facture irréprochable.
Les mentions obligatoires d'une facture
C'est le cœur du sujet. Voici ce que toute facture doit contenir, quel que soit votre statut.
L'identité de l'émetteur et du client
- Votre identité : nom (ou raison sociale), adresse, numéro SIREN ou SIRET.
- Pour un entrepreneur individuel, la mention « EI » (ou « Entrepreneur individuel ») doit précéder ou suivre votre nom.
- L'identité du client : nom et adresse. S'il s'agit d'un professionnel, ajoutez son adresse de facturation.
- Le numéro de TVA intracommunautaire (le vôtre et celui du client) dès que la facture dépasse 150 € HT et que vous êtes assujetti à la TVA.
Le numéro de facture (unique et séquentiel)
Chaque facture porte un numéro unique, basé sur une séquence chronologique continue, sans rupture. Autrement dit : pas de trou dans la numérotation. Vous pouvez utiliser une simple suite (2026-001, 2026-002…) ou un préfixe par année ou par chantier, tant que la continuité est respectée.
Pourquoi tant d'insistance ? Parce qu'un « trou » dans vos numéros laisse penser qu'une facture a été supprimée — un signal d'alerte immédiat en cas de contrôle fiscal.
La date et le détail de la prestation
- La date d'émission de la facture et la date de la vente ou de la prestation.
- La désignation précise de chaque produit ou prestation : nature, quantité, prix unitaire hors taxes.
- Les éventuelles réductions (remise, rabais) acquises à la date de la vente.
Les montants et la TVA
- Le total HT (hors taxes).
- Le taux de TVA applicable et le montant de TVA correspondant (sauf si vous en êtes exonéré, voir plus bas).
- Le total TTC (toutes taxes comprises).
Les conditions de paiement
- La date d'échéance du règlement. Entre professionnels, le délai par défaut est de 30 jours après la prestation, extensible contractuellement à 60 jours (ou 45 jours fin de mois).
- Le taux des pénalités de retard exigibles en cas de paiement tardif.
- La mention de l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € due en cas de retard (obligatoire pour les factures entre professionnels).
- Les conditions d'escompte en cas de paiement anticipé (ou « pas d'escompte »).
Bon à savoir Oublier une mention obligatoire n'est pas anodin : l'administration prévoit une amende de 15 € par mention manquante ou inexacte, dans la limite du quart du montant de la facture. Multipliez par le nombre de factures et l'addition monte vite. C'est justement ce qu'un logiciel de facturation élimine : les mentions sont pré-remplies et verrouillées, vous ne pouvez plus en oublier une.
Le cas de l'auto-entrepreneur : la facture sans TVA
C'est LA question qui revient le plus. En micro-entreprise, tant que vous restez sous les seuils de la franchise en base de TVA (37 500 € pour les prestations de services, 85 000 € pour la vente de marchandises), vous ne facturez pas de TVA.
Concrètement, sur votre facture :
- Vous indiquez uniquement des montants nets (pas de ligne « HT / TVA / TTC », juste le total à payer).
- Vous ajoutez obligatoirement la mention : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
En contrepartie de cette exonération, vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos propres achats. C'est le deal de la micro-entreprise : simplicité contre non-déductibilité.
Bon à savoir — la mention TVA change de nom en 2026 Suite à la recodification de la TVA (ordonnance du 17 décembre 2025), la mention « art. 293 B du CGI » devient « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS » à compter du 1er septembre 2026. Rien ne change sur le fond : mêmes seuils, même exonération. L'administration accorde une tolérance jusqu'au 31 décembre 2027 pour continuer à utiliser l'ancienne référence, le temps de mettre à jour vos modèles. Un outil de facturation à jour bascule la mention pour vous, automatiquement.
Vous débutez et vous vous demandez déjà comment établir vos premiers documents ? Le devis précède la facture : notre guide dédié explique pas à pas comment faire un devis quand on est auto-entrepreneur.
Le cas de l'artisan du bâtiment : les mentions en plus
Si vous exercez une activité pour laquelle une assurance professionnelle est obligatoire (c'est le cas de la plupart des métiers du BTP), votre facture doit indiquer :
- L'assurance souscrite au titre de l'activité (notamment l'assurance décennale, la RC Pro).
- Les coordonnées de l'assureur ou du garant.
- La couverture géographique du contrat.
Cette mention rassure le client — et surtout, elle est obligatoire pour les travaux de construction. L'oublier vous expose à la même amende que n'importe quelle mention manquante.
Du devis à la facture : acompte et solde
Sur un chantier, la facture arrive rarement seule. Le parcours classique :
- Le devis signé, qui vaut engagement (avec « bon pour accord » du client).
- La facture d'acompte, souvent 30 % à la signature, pour sécuriser votre trésorerie et payer les matériaux.
- La facture de solde à la fin du chantier, qui reprend le total, déduit l'acompte déjà versé et affiche le reste à payer.
Chacun de ces documents suit les mêmes règles de mentions obligatoires. Et chacun porte son propre numéro dans votre séquence. Demander un acompte reste l'un des meilleurs remparts contre les impayés : un client qui a déjà versé 30 % règle plus volontiers le solde.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Oublier le numéro ou casser la séquence (numéros en double, trous). C'est l'erreur n°1 en contrôle.
- Mettre de la TVA en étant en franchise (ou l'inverse) — vérifiez toujours votre régime.
- Négliger la mention d'exonération en micro-entreprise : sans elle, votre facture est incomplète.
- Facturer trop tard. Une facture doit être émise dès la livraison ou la fin de la prestation. Plus vous tardez, plus vous êtes payé tard.
- Oublier les pénalités et l'indemnité de 40 €. Sans elles sur la facture, vos droits sont plus difficiles à faire valoir si le client ne paie pas.
- Ne rien garder. Vous devez conserver un exemplaire de chaque facture (10 ans). Un email ou un PDF horodaté fait foi.
Et une fois la facture partie ? Si le paiement tarde, ne laissez pas traîner : une relance envoyée au bon moment règle l'immense majorité des retards, sans conflit.
Et la facture électronique en 2026-2027 ?
Vous en avez sûrement entendu parler : la facturation électronique devient progressivement obligatoire. À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront pouvoir recevoir des factures électroniques ; l'obligation de les émettre s'étend aux TPE, micro-entreprises et artisans au 1er septembre 2027. Les factures devront transiter par une Plateforme Agréée (PA, ex-PDP).
En clair : le PDF envoyé par email ne suffira bientôt plus. On détaille tout — calendrier, plateformes, ce qu'il faut faire et surtout ne pas faire — dans notre guide complet de la facturation électronique pour les artisans. C'est LA bonne raison de s'équiper d'un outil dès maintenant, plutôt que dans l'urgence en 2027.
Un modèle de facture prêt à l'emploi
Pour vous éviter la page blanche, on a préparé un modèle de facture téléchargeable, en deux versions :
- une version artisan (avec ligne TVA et bloc assurance décennale) ;
- une version auto-entrepreneur (sans TVA, avec la mention d'exonération déjà en place).
Toutes les mentions obligatoires y sont, il ne vous reste qu'à remplir vos informations. Un point de départ propre pour ne rien oublier.
Cela dit, un modèle Word ou Excel montre vite ses limites : numérotation à gérer à la main, risque d'oubli, aucune relance automatique. C'est précisément ce que Suivizy automatise pour les artisans du bâtiment et des services : vos factures sont générées en deux clics, numérotées automatiquement, avec toutes les mentions à jour (y compris le passage 293 B → CIBS), et les relances partent toutes seules si le client tarde à payer.
Découvrir Suivizy Vous êtes artisan ou auto-entrepreneur et vous voulez arrêter de vous battre avec vos factures ? Découvrez Suivizy : devis, factures conformes et relances automatiques réunis dans un seul outil simple.
En résumé : comment faire une facture conforme
- Reprenez les mentions obligatoires : identité, SIREN, numéro unique, dates, désignation, montants, conditions de paiement.
- Numérotez sans trou, dans une séquence continue.
- En micro-entreprise, facturez sans TVA avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » (→ « art. L. 223-3 du CIBS » à partir de septembre 2026).
- Artisan du bâtiment : ajoutez votre assurance décennale.
- Indiquez les pénalités de retard et l'indemnité de 40 €.
- Émettez vite, conservez 10 ans, et relancez si besoin.
Faire une facture conforme, c'est surtout une question de méthode et de rigueur. Et quand la rigueur devient automatique — grâce à un outil qui applique les bonnes mentions à votre place — vous récupérez ce qui compte vraiment : du temps, et la certitude d'être payé.
Pour aller plus loin
- Comment faire un devis auto-entrepreneur — l'étape qui précède la facture.
- Facture impayée : que faire ? — la marche à suivre si le client ne paie pas.
- 3 modèles d'email de relance de facture impayée — prêts à copier-coller.
- Facturation électronique 2026-2027 : le guide artisan — la réforme qui change vos factures.